Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne 2008-2013 : agir pour l’avenir

Avec la collaboration du Secrétariat aux langues officielles , Patrimoine canadien
En juin 2008, le gouvernement du Canada a rendu publique la stratégie Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne 2008-2013 : agir pour l’avenir. Cette feuille de route démontre l’engagement du gouvernement à l’égard de la dualité linguistique et de la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Cet investissement pangouvernemental sans précédent de 1,1 milliard de dollars sur une période de cinq ans, réparti entre 13 ministères et organismes fédéraux, servira à promouvoir la dualité linguistique parmi les Canadiens et à soutenir les communautés de langue officielle en situation minoritaire en leur offrant une aide gouvernementale accrue dans cinq axes prioritaires d’intervention : santé, justice, immigration, développement économique, et arts et culture. En ce qui concerne ce dernier secteur, le gouvernement mettra en place le Fonds de développement culturel et lancera un nouveau programme, Vitrines musicales pour les artistes des communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Cette feuille de route prévoit également des fonds supplémentaires pour permettre à l’ensemble des Canadiens de bénéficier de la dualité linguistique. Par exemple, le gouvernement donnera accès gratuitement à tous les Canadiens au Portail linguistique du gouvernement du Canada, et un Programme national de traduction de l’édition du livre sera mis en place pour augmenter l’offre de livres dans les deux langues officielles. Une autre des initiatives prises a consisté à demander au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de rendre compte de l’accessibilité et de la qualité des services de radiodiffusion offerts aux communautés linguistiques francophones et anglophones en situation minoritaire. Ce ne sont là que quelques exemples qui montrent comment la Feuille de route établit la ligne de conduite que le gouvernement entend suivre au cours des cinq prochaines années pour tirer parti des solides fondations du Canada. La Feuille de route cible cinq champs d’action :
- valoriser la dualité linguistique auprès de tous les Canadiens;
- bâtir l’avenir en misant sur la jeunesse;
- améliorer l’accès aux services pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire;
- miser sur les avantages économiques;
- assurer une gouvernance efficace pour mieux servir les Canadiens.
La Feuille de route tient compte des résultats des consultations menées par le gouvernement du Canada, ainsi que des travaux d’autres intervenants clés comme les communautés de langue officielle en situation minoritaire, les comités parlementaires et le Commissariat aux langues officielles. Le gouvernement du Canada collaborera avec ses partenaires et les intervenants clés, qui comprennent également les gouvernements provinciaux et territoriaux et l’ensemble de la population canadienne, pour mettre en œuvre la Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne afin que les citoyens de toutes les régions du pays puissent en bénéficier.
Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne : www.pch.gc.ca/pgm/slo-ols/strat-fra.cfm
Programme d’appui aux droits linguistiques
Avec la collaboration de la Direction générale des Programmes d’appui aux langues officielles, Patrimoine canadien
Patrimoine canadien a annoncé en juin 2008 l’adoption du nouveau Programme d’appui aux droits linguistiques dans lequel le gouvernement du Canada investira chaque année 1,5 million de dollars. Ce programme vise une meilleure compréhension des droits linguistiques et mise sur la médiation et la justice consensuelle en vue de faciliter les ententes à l’amiable. Il comprend trois volets, soit la promotion auprès des ayants droit, la résolution de conflits et le recours judiciaire dans le cas où la médiation aura échoué et qu’il s’agira d’une cause type. La gestion du programme sera confiée à une organisation à vocation publique indépendante du gouvernement, telle une université, pour en assurer l’impartialité. Un comité formé d’experts aura la responsabilité de choisir les dossiers qui seront retenus. Le nouveau programme sera financé à même les ressources du programme Développement des communautés de langue officielle de Patrimoine canadien. On prévoit que les premiers dossiers seront étudiés au courant de l’année 2009.

Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne
Avec la collaboration de Martin Durand, Patrimoine canadien
C'est dans le cadre du congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) – le plus important événement scientifique disciplinaire de la francophonie – que s’est tenu en mai 2008, à Québec, le colloque annuel du Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne. Cette année, le thème du colloque était « Vues d’ici et d’ailleurs : minorités linguistiques et francophonies en perspective ». Il portait plus précisément sur la francophonie canadienne en situation minoritaire. On y a privilégié une approche comparative pour examiner sa situation en regard d’autres réalités linguistiques : comparaisons internationales, comparaisons entre les composantes de la francophonie minoritaire canadienne, et comparaisons entre francophonie minoritaire et francophonie québécoise.
La conférence d’ouverture a été prononcée par le recteur de l’Agence universitaire de la francophonie, Bernard Cerquiglini. Intitulée « La langue française au défi de la diversité », sa conférence a attiré une cinquantaine de participants. Durant les deux jours du colloque, une trentaine de chercheurs canadiens et internationaux sont venus présenter leurs résultats de recherche. Des représentants de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, du Commissariat aux langues officielle, de Patrimoine canadien, de l’Association des universités de la francophonie canadienne et de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada ont assisté et participé au colloque. Patrimoine canadien a également contribué à l’organisation de cet événement. L’Université d’Ottawa accueillera le congrès de l’Acfas en mai 2009.
Site web de l’Acfas : www.acfas.ca/
Les langues officielles dans les recherches
Avec la collaboration d’Adel Ghié, Justice Canada
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a rencontré le ministère de la Justice pour discuter de la recherche concernant les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
La recherche empirique et les analyses statistiques chez Justice Canada sont réalisées par sa Division de la recherche et de la statistique, laquelle se penche sur une variété de questions. À l’issue de la rencontre avec la FCFA, la Division envisage la possibilité de prendre en compte dans ses projets de recherche la dimension des langues officielles, avec un accent sur les minorités linguistiques. Cette approche correspond le mieux à la demande de la FCFA et au rôle du Ministère dans le domaine de la recherche. Durant l’exercice 2008-2009, le Ministère explorera la façon d’intégrer cette « lentille » des langues officielles grâce à des discussions au sein du Ministère ainsi qu’avec la FCFA.
La Division de la recherche et de la statistique offre aussi un soutien technique et analytique au groupe Francophonie, Justice en langues officielles et Dualisme juridique du Ministère dans l’examen des données de l’Enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle de Statistique Canada.
Le bilinguisme au sein d’un Canada plurilingue
Avec la collaboration de Sylvie Rochette, Patrimoine canadien
Afin de promouvoir l’excellence et l’innovation en matière de bilinguisme et d’acquisition des langues, l’Université d’Ottawa s’est dotée d’un lieu de réflexion et de recherche en créant l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB). L’ILOB a tenu son colloque inaugural les 19 et 20 juin 2008 sous le thème « Le bilinguisme au sein d’un Canada plurilingue : recherches et incidences ».
Lors de ce colloque, plus de 200 enseignants et chercheurs sont venus se ressourcer auprès de quelque 70 chercheurs canadiens qui ont présenté les résultats de leurs travaux de recherche dans le domaine des secondes langues officielles et de la dualité linguistique. Bon nombre de ces projets de recherche ont été financés dans le cadre du Programme de recherche et de diffusion lié aux langues officielles, initiative conjointe du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et de Patrimoine canadien.
La conférence d’ouverture a été prononcée par Joseph Sheils, responsable de la Division des politiques linguistiques du Conseil de l’Europe, qui est venu partager l’expérience européenne en matière d’aménagement linguistique. M. Sheils a notamment témoigné du parcours de près de 40 ans emprunté par les 47 pays européens pour se doter d’un Cadre européen commun de référence pour les langues pour décrire divers niveaux de compétences linguistiques. Ce modèle est présentement à l’étude au Canada en vue d’une éventuelle implantation.
Les thèmes du colloque, sous forme de communications individuelles, de tables rondes et de symposiums, ont touché tantôt aux particularités de la didactique des langues, tantôt à des enjeux liés aux réalités sociopolitiques et socioculturelles de l’enseignement du français langue seconde au Canada, aux directions futures de cet enseignement et à la mise en œuvre des droits et politiques d’aménagement linguistiques. Après deux jours d’exposés bien remplis, Stacy Churchill, chercheur émérite de l’ILOB, a clôturé le colloque en invitant les par-ticipants à s’interroger sur les multiples enjeux liés aux langues officielles dans le contexte d’un Canada plurilingue.
À la suite du colloque, des sommaires des résultats des recherches présentées seront diffusés dans un numéro spécial de la Revue canadienne des langues vivantes et dans diverses ressources documentaires (bandes vidéo, fichiers audio, fichiers PDF, diaporamas électroniques, bulletins, feuillets d’information et dépliants) dans le cadre d’un projet de diffusion mené par l’Association canadienne des professeurs de langues secondes, le réseau Canadian Parents for French et l’ILOB.
Le colloque a été financé par Patrimoine canadien, le Commissariat aux langues officielles et la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa.