Communiqué ~ News Release
Le gouvernement du Canada annonce sa nouvelle Politique du long métrage
VANCOUVER, le 5 octobre 2000 -- La ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps, a annoncé aujourd'hui lors du Festival international du film de Vancouver, la nouvelle Politique canadienne du long métrage. Au cours des prochains mois, le gouvernement du Canada investira dans cette politique 15 millions de dollars additionnels. Dès avril 2001, ce nouvel investissement passera à 50 millions de dollars par année. Cette politique intitulée Du scénario à l'écran, a pour objectif d 'accroître la qualité, la diversité et l'accessibilité des films canadiens.
« Grâce aux histoires qu'ils nous racontent et qui présentent nos sociétés dans toute leur diversité, les cinéastes contribuent à rapprocher les Canadiens et les Canadiennes tout en nous ouvrant une fenêtre sur le monde, a déclaré la ministre Copps. Cette politique fera en sorte que nous aurons plus de choix de chez nous dans nos salles de cinéma. »
La politique recentre l'appui public à l'industrie en privilégiant une approche plus intégrée, du scénario à l'écran. L'approche mise de l'avant se fonde sur quatre objectifs stratégiques : former et garder des créateurs canadiens de talent, encourager la qualité et la diversité des longs métrages canadiens, élargir les auditoires canadiens et étrangers grâce à une meilleure distribution et mise en marché, et préserver et diffuser notre collection de longs métrages canadiens.
En vertu de cette politique, l'investissement public dans l'industrie s'effectuera désormais selon un mode de financement qui couvre tous les volets de la production d'un film, du scénario à l'écran. L'élément clé de cette nouvelle politique est le Fonds du long métrage du Canada, administré par Téléfilm Canada. Le fonds dispense son aide aux diverses étapes, de l'écriture à la production, en passant par la mise en marché et la promotion. Mais au-delà d'un financement additionnel, la nouvelle politique introduit un mode différent d'attribution des aides à l'industrie, basé entre autres sur le rendement.
« Cet investissement démontre l'engagement du gouvernement envers une industrie qui a apporté — et qui continue d'apporter — une contribution importante à la vie culturelle de notre pays » — a déclaré la ministre Copps.
De l'information plus détaillée sur la Politique canadienne du long métrage se trouve sur le site Web du ministère du Patrimoine canadien à l'adresse suivante : http://www.pch.gc.ca.
Renseignements :
Krista Pawley
Attachée de presse
Cabinet de la ministre du Patrimoine canadien
(819) 997-7788
FICHE D'INFORMATION
DU SCÉNARIO À L'ÉCRAN :
La Nouvelle Politique Canadienne
du Long Métrage
Le contexte
Les cinéastes canadiens uvrent depuis des décennies afin de contribuer d'une manière durable à la vie culturelle du Canada en portant à l'écran des histoires canadiennes. Leurs efforts en vue d'assurer l'essor d'une industrie se nourrissaient de créativité, d'expérimentation, de croissance et d'accomplissements. Les gouvernements fédéral et provinciaux ont eux aussi joué un rôle en favorisant des partenariats entre les créateurs et les entrepreneurs, en apportant un appui financier et en créant des politiques et des programmes ayant pour but de bâtir une industrie.
Aujourd'hui, cette industrie existe. Des films comme I've Heard the Mermaids Singing, Jésus de Montréal, Margaret's Museum, Le Violon rouge, Les Boys et New Waterford Girl témoignent du talent des créateurs canadiens et de la solidité des fondations mises en place. Malgré les succès, les longs métrages canadiens n'accaparent qu'une faible part du total des recettes-guichet. Nous devons maintenant réorienter nos efforts et passer de la création d'une industrie au développement d'un public plus vaste au Canada et à l'étranger.
La nouvelle Politique canadienne du long métrage adopte une approche plus intégrée, du scénario à l'écran. Elle est conçue de façon à permettre la production de films qui seront vus et appréciés par de plus larges auditoires au pays et ailleurs dans le monde. Cette approche vise à encourager de plus grands investissements du secteur privé, à renforcer les partenariats au sein de l'industrie, en plus d'améliorer la qualité, la mise en marché et la distribution des longs métrages. Pour sa part, le gouvernement du Canada double ses investissements, qui passent de 50 millions à 100 millions de dollars par an.
La stratégie
- former et garder des créateurs de talent en investissant dans l'écriture de scénarios et dans le développement professionnel des cinéastes;
- encourager la qualité et la diversité des films canadiens en restructurant les programmes de soutien afin de récompenser le rendement et en favorisant une augmentation de la moyenne des budgets de production;
- élargir les auditoires au pays et à l'étranger en fournissant un soutien plus efficace à la mise en marché et à la promotion des films canadiens; et
- préserver notre collection de films canadiens et la rendre accessible aux publics d'aujourd'hui et de demain.
L'investissement
Fonds du long métrage du Canada -administré par Téléfilm Canada
- Programme d'aide à l'écriture de scénarios : un nouvel investissement de 2,3 millions de dollars versé aux scénaristes leur donnera le temps, l'argent et les outils indispensables afin de mettre au point leurs récits pour le grand écran. Le programme contribuera à la création d'un bassin de scénaristes expérimentés et de nombreux scénarios prometteurs.
- Programme d'aide au développement, à la production et à la mise en marché : Environ 85 millions de dollars ont été réservés à ce programme dans le but d'offrir aux Canadiens, dans les cinémas de leur localité, une vaste gamme de films canadiens. Ceci représente un financement additionnel de 40 millions de dollars. Le programme de financement, fondé sur le rendement, fait en sorte que les producteurs et les distributeurs aient un intérêt commun dans le succès des projets de longs métrages. L'aide financière aux distributeurs leur permettra d'augmenter leurs budgets de mise en marché, tandis que les producteurs seront dans une position plus favorable pour développer de façon plus complète leurs projets et augmenter leurs budgets de production moyens. Toutefois, un volet sélectif donnera priorité aux nouveaux joueurs en attribuant des fonds pour la production et la distribution de projets novateurs et particulièrement pertinents sur un plan culturel; l'aide sera accordée selon des critères de qualité, et projet par projet.
- Programme d'activités complémentaires : afin d'aider les films canadiens à rejoindre de plus vastes auditoires au Canada et à l'étranger, une somme de 4,95 millions de dollars sera réservée aux fins des festivals de films canadiens et étrangers, des cérémonies de remises de prix et des réseaux de distribution parallèles. Cette initiative, qui représente un appui additionnel de 1,85 million de dollars, accroîtra la présence et la visibilité des films canadiens auprès des spectateurs, des critiques et des médias, aussi bien au Canada qu'à l'étranger.
Création et développement professionnel
- Coopératives de production de films : des fonds annuels totalisant 2,9 millions de dollars viendront en aide aux cinéastes en début de carrière grâce aux coopératives de production de films. L'aide supplémentaire de 1 million de dollars offrira ainsi aux jeunes cinéastes issus de différentes communautés régionales et culturelles la possibilité d'enrichir leur savoir-faire.
- Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants : cette organisation sans but lucratif relevant du secteur privé recevra un financement stable de 1,8 million de dollars par année afin de permettre aux cinéastes d'acquérir de l'expérience en travaillant à des productions non destinées aux salles de cinéma.
- Nouveau programme d'aide aux cinéastes indépendants : une enveloppe spéciale d'environ 1,8 million de dollars annuellement viendra en aide aux projets de longs métrages de réalisateurs indépendants disposant d'un budget d'au moins 300 000 dollars.
Préservation de la collection de longs métrages canadiens
Préservation et diffusion : la nouvelle Politique canadienne du long métrage réserve 750 000 dollars pour la restauration, la préservation et la diffusion de notre patrimoine cinématographique. Téléfilm Canada demandera que le coût des copies de préservation des films soit compris dans les budgets de production. Un programme sera créé afin d'assurer la restauration et la préservation des longs métrages existants -- en particulier ceux qui sont à risque. Un appui financier sera également accordé à des projets offrant aux Canadiens des possibilités d'accéder aux longs métrages qui ne sont plus distribués commercialement.
Objectif visé
Conquérir en cinq ans 5 % des recettes-guichet au Canada et élargir les auditoires de longs métrages canadiens à l'étranger. Dans la poursuite de cet objectif, la nouvelle Politique canadienne du long métrage vise à :
- accroître la qualité des longs métrages canadiens en favorisant une augmentation de la moyenne des budgets de production à au moins 5 millions de dollars;
- encourager des stratégies plus élaborées de mise en marché pour le Canada et l'étranger en favorisant une augmentation de la moyenne des budgets de mise en marché à au moins 500 000 dollars.
Plan d'action
- Un groupe consultatif permanent sera établi pour traiter de questions relatives au long métrage et pour conseiller Téléfilm Canada sur la meilleure façon d'atteindre les objectifs de la nouvelle politique.
- Le ministère du Patrimoine canadien renforcera ses ententes de partenariat avec les exploitants de salles, les détaillants de vidéos et les télédiffuseurs canadiens des secteurs privé et public.
Le mot de la fin
Le cinéma est important. Les créateurs canadiens ouvrent une vitrine sur l'expérience canadienne. Les longs métrages permettent à des créateurs de chez-nous de raconter leurs histoires à des communautés de partout au Canada, depuis Italy Cross en Nouvelle-Écosse jusqu'à Amos au Québec, Squamish en Colombie-Britannique et Rock River au Yukon. Ils portent en outre le travail de nos créateurs auprès des publics du monde entier. En investissant dans les longs métrages, la nouvelle politique réaffirme l'engagement du Canada envers nos créateurs.
Cet investissement est plus qu'un simple vote de confiance, qu'il représente par ailleurs clairement. Il se veut un partenariat entre le gouvernement, les entrepreneurs et les créateurs. La nouvelle politique créera les conditions qui permettront aux cinéastes d'atteindre de nouveaux sommets et aux Canadiens de voyager aussi loin que leur imagination les conduira.
* La répartition des sommes devra être approuvée par le Conseil du Trésor
DU SCÉNARIO À L'ÉCRAN :
FAITS RELATIFS AUX FILMS
Les films canadiens sur le grand écran
- Les Canadiens produisent environ entre 30 et 35 longs métrages par an.
- Les films canadiens ont rapporté seulement 2,1 % — soit 13,8 millions de dollars — des recettes-guichet en 1999, la plus faible performance parmi les pays de production cinématographique comparables. Dans ces pays, les productions nationales ont rapporté 37 % au Japon, 30 % en France et 14 % en Italie ainsi qu'en Espagne.
Les Canadiens au cinéma
- Les Canadiens sont devenus d'avides cinéphiles -- les revenus générés par les entrées sont passées de 69,2 millions de dollars en 1991-1992 à 98 millions de dollars en 1997–98.
- Au Canada, la fréquentation des cinémas par habitant, qui se situe à 3,3, se classe parmi les plus élevées des pays comparables. En Australie, la fréquentation est de 4,2, et elle est de 2,6 en France, de 2,3 au Royaume-Uni, de 1,8 en Italie, et de 1,2 au Japon.
Aperçu de l'industrie canadienne du long métrage
- L'industrie de la production cinématographique et télévisuelle contribue pour 3,7 milliards de dollars au produit intérieur brut.
- L'industrie canadienne de la production du film et de la télévision compte pour plus de 38 000 emplois directs et pour un total de 61 000 emplois indirects (ACPFT).
- Il y a 2 000 scénaristes, 2 200 metteurs en scène et 14 000 acteurs dans l'industrie de la production cinématographique et télévisuelle au Canada.
- Au cours des deux dernières décennies, les budgets de production moyens des longs métrages canadiens ont diminué, passant de 3 millions de dollars à 2,7 millions de dollars pour les films en anglais, et de 3,1 millions de dollars à 2,2 millions de dollars pour les films en français. Les films produits dans des pays comparables ont augmenté leurs budgets de production pendant la même période — de 13 % au Royaume-Uni, de 21 % en Australie, et de 42 % en France.
- Près des deux tiers des longs métrages canadiens soutenus par Téléfilm au cours des dernières années avaient des budgets de marketing moyens de moins de 150 000 $. Par comparaison, les productions des studios établis à Hollywood avaient des dépenses d'impression et de publicité de 37 millions de dollars en 1999 (MPAA).
Participation du gouvernement fédéral
- 80 % des Canadiens croient que le gouvernement fédéral devrait soutenir les arts et la culture (Ekos 1999).
- 73 % estiment qu'il est important que les films canadiens soient présentés dans les cinémas (Angus Reid 1998).
- Le cinéma est important. C'est pourquoi le gouvernement canadien double pratiquement son investissement dans l'industrie canadienne du long métrage qui passe de 51 millions à 100 millions de dollars.