Île-du-Prince-Édouard
Origines du nom

Les Autochtones avaient auparavant donné à l'île le nom « Abegweit », dérivé du mot Mi'Kmak « Abahquit » traduit librement par « bercé par les vagues ». De leur côté, les premiers colons français l'avaient baptisée « île de Saint-Jean », nom qui se transforma en « Saint John's Island » quand elle fut cédée aux Britanniques en vertu du Traité de Paris de 1763.
L'Île-du-Prince-Édouard a également plusieurs surnoms, dont ceux de « Million-Acre Farm » (ferme au million d'acres) et de « Garden of the Gulf » (jardin du golfe).
Histoire
S'il est établi que les Mi'Kmak habitent l'île depuis deux millénaires, certains indices donnent par ailleurs à penser que leurs ancêtres y vivaient déjà il y a 10 000 ans. Ils y seraient venus en franchissant la basse plaine aujourd'hui recouverte par le détroit de Northumberland.
Les Européens découvrirent l'île quand Jacques Cartier y accosta en 1534 en la décrivant comme le « coin de terre le plus beau qu'on puisse imaginer ». En dépit de ses comptes rendus enthousiastes, la colonisation de l'île se fit lentement. Les Français n'y établirent une colonie permanente qu'au début du XVIIIe siècle et, en 1748, la population n'y excédait guère les 700 habitants.
Toutefois, après la déportation des Acadiens de la Nouvelle-Écosse en 1755, l'île vit sa population s'accroître d'une façon spectaculaire. Quand la forteresse française de Louisbourg tomba aux mains des Britanniques en 1758, la population de l'île s'élevait à quelque 5 000 habitants. Les Britanniques forcèrent tous les Acadiens, à l'exception de quelques centaines, à quitter l'île, bien que la France n'y abdiqua sa souveraineté qu'en 1763 lors de la signature du Traité de Paris.

L'Île-du-Prince-Édouard a été presque tout au long de son histoire affligée des problèmes causés par l'absentéisme des propriétaires terriens. En effet, la plupart de ceux-ci, qui avaient reçu leur titre de la Couronne britannique, n'y mirent jamais les pieds. Quelquesuns refusèrent de vendre leurs domaines à leurs locataires, d'autres demandèrent des sommes exorbitantes pour leur cession ou exigèrent des loyers très élevés des colons qui désiraient exploiter une ferme sur leurs terres fertiles.
Les autorités de l'île tentèrent d'imposer aux propriétaires une taxe pour couvrir les frais d'administration, mais celle-ci était pratiquement impossible à percevoir. En 1840, la colonie fut en mesure de racheter des terres de certains propriétaires et de les offrir en vente aux locataires. Les fonds réservés à cet effet ne tardèrent pas, toutefois, à s'épuiser.
L'Île-du-Prince-Édouard accueillit la première des conférences de la Confédération, à Charlottetown, en 1864. Toutefois, elle se retira des pourparlers après la conférence de Québec tenue à l'automne de la même année, car ses dirigeants craignaient que l'autonomie de l'île soit mise en danger si elle se joignait à une grande union canadienne.
Moins de dix ans plus tard, cette décision fut toutefois renversée. La dette qu'elle avait contractée pour la construction du chemin de fer, ainsi que les pressions exercées par le gouvernement britannique et les séduisantes promesses des dirigeants canadiens incitèrent l'île à entrer dans la Confédération en 1873. Le gouvernement canadien avait, entre autres, promis d'absorber la dette de la colonie, de lui assurer l'accès au continent à longueur d'année et de lui octroyer des fonds pour racheter les terres des propriétaires absents.
Armoiries

Le segment supérieur de l'écu est chargé du léopard héraldique anglais. Le léopard figure sur les armoiries du prince Édouard, en l'honneur duquel l'île a été baptisée, et sur les armoiries du roi Édouard VII, qui a accordé ses armes à la province. Le segment inférieur de l'écu est illustré d'un gros chêne à droite et de trois chêneaux à gauche. L'arbre adulte est le chêne de l'Angleterre et les trois chêneaux représentent les trois comtés de la province, celui de King, celui de Queen et celui de Prince. Les arbres s'élèvent tous à partir d'une base unique, l'Île-du-Prince-Édouard et la Grande-Bretagne étant toutes deux des îles.
Le cimier allie le geai bleu et la feuille de chêne rouge, deux emblèmes de la province, ainsi que la couronne royale. Tous ces éléments sont placés sur le casque d'or de la souveraineté, qui symbolise la cosouveraineté de l'Île-du-Prince-Édouard au sein de la Confédération. Les supports sont constitués de deux renards argentés, des animaux appréciés évoquant l'importance de l'élevage d'animaux à fourrure pour l'économie de la province au 19e et au 20e siècle. Ils portent au cou une guirlande de fleurs de pomme de terre et un filet de pêche, qui représentent l'industrie agricole et l'industrie de la pêche. Le socle sur lequel ils se tiennent se compose de roses, de lis, de trèfles et de chardons, les emblèmes floraux de l'Angleterre, de la France, de l'Irlande et de l'Écosse, ainsi que de deux sabots de la Vierge, l'emblème floral de la province. Au centre figure une étoile à huit branches, symbole utilisé pendant des siècles par les Mi'kmaq pour représenter le soleil.
Devise
PARVA SUB INGENTI (Les grands protègent les petits)
Drapeau

Emblème floral

Autres symboles de la province
- Tartan :
- le tartan de l'Île-du-Prince-Édouard

- Arbre :
- le chêne rouge (Quercus rubra)

- Oiseau :
- le geai bleu

- Sol :
- le sol de Charlottetown
- Drapeau acadien